ET ENTRE NOUS, MAINTENANT QUE LE TEMPS EST PASSÉ JE PRÉFÈRE LES FLEURS D'AUTOMNE
And Between Us, Now That Time Has Passed I Prefer Autumn Flowers
Une quête d'intime à travers la fiction
An exploration of intimacy through fiction 
Opus 1

C’est une bascule intérieure, un brouillard mental qui s’installe, un changement de plan, et je photographie comme une première tentative de dévoilement personnel. À 53 ans, je traverse une profonde transformation et je choisis ici d’explorer cette période de mon entre-deux-âges.

C'est à travers la fiction que j'ose me photographier dans des décors singuliers et avec un stylisme choisi dans ma garde-robe. J’imagine des images aux contours sobres et retenus qui capturent ma présence, une présence désincarnée emprunte de solitude, de tristesse et qui révèle progressivement des facettes inattendues de moi-même. La fiction devient un miroir pour questionner mon intimité : que dit-elle de moi ?

Je me cherche entre les murs d’un motel des années 60-70, une période synonyme pour moi de liberté, légèreté et possibles infinis. Je me cherche ici précisément parce que c’est comme revenir à une source qui me semble lointaine, peut-être perdue, ou idéalisée. Je me cherche entre les murs, chez moi, comme un écrin protecteur pour expérimenter mes états d’âme. Ces lieux tissent une trame dans laquelle je me sens parfois prise dans une boucle temporelle, entre une liberté conditionnée à mes propres limites et l’inéluctable avancée du temps. Alors, je tente de capturer des moments qui évoquent le temps, sa fluidité ou sa suspension.

Cette série est le premier opus d’une ode à ma transformation, d’une quête personnelle et à l’immense élan vital qui transcende les âges. Le cinéma de David Lynch m’inspire, j’y mêle des réflexions personnelles, des témoignages d’autres femmes et des images que j’anime comme marqueurs du temps qui passe. 


It's an inner shift, a mental fog settling in, a change of plane, and I photograph as a first attempt at self-revelation. At 53, I am going through a profound transformation, and I choose here to explore this in-between stage of my life.
It is through fiction that I dare to photograph myself, in singular settings and with styling drawn from my own wardrobe. I imagine images with restrained, understated contours that capture my presence—a disembodied presence imbued with solitude and melancholy, gradually revealing unexpected facets of myself. Fiction becomes a mirror through which I question my intimacy: what does it say about me ?
I search for myself within the walls of a 1960s–70s motel, a period that, for me, evokes freedom, lightness, and infinite possibilities. I search for myself here precisely because it feels like returning to a source that seems distant—perhaps lost, or idealized. I search for myself within walls, at home, as if in a protective cocoon where I can explore my states of mind. These places weave a narrative in which I sometimes feel caught in a temporal loop, between a freedom conditioned by my own limits and the inexorable passage of time. So I attempt to capture moments that evoke time—its fluidity or its suspension.
This series is the first opus of an ode to my transformation, a personal quest, and to the immense vital force that transcends age. The cinema of David Lynch inspires me; I intertwine it with personal reflections, testimonies from other women, and images that I animate as markers of passing time. 
Ça s’est installé insidieusement, avec l’arrivée de mes 50 ans

Des images sur papier glacées et alors !
Un no man’s land plutôt. Oui ! Étrangement tout est devenu plus flou, plus lointain, comme si il ne s’agissait pas de moi, perdue parfois comme dans un grand brouillard
Visible et invisible à la fois, je suis visible, je me sens invisible, … J’apparais, je disparais,… je voudrais tellement me terrer parfois, me recroqueviller dans ma bulle, juste le temps d’accepter ce nouveau mouvement
DOULOUREUX, PLEURER, DÉPASSÉE, DOUTER, FATIGUÉE, DÉSIRER
LIMITÉE
Je me sens figée, j’aimerais bien accéder à autre chose, à dépasser mes limites, j’essaye, mais je n’y arrive pas, je n’y arrive toujours pas ! J’ai envie de hurler parfois
ACCEPTER
Alors, je me fond dans un indicible brouhaha où tout se mélange
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